Nous avons souvent l'impression que les personnes âgées n'ont plus besoin de manger autant qu'« avant ». Elles ne travaillent plus et ont généralement réduit leurs activités. Nous associons ainsi les aliments à un carburant : moins de distances et moins d'efforts doivent correspondre à moins de nourriture.
C'est le contraire! Les organes sont moins efficaces, ils consomment donc plus d'énergie pour un même résultat. Si nous poursuivons l'analogie de la voiture, disons qu'elle prend plus d'huile avec l'âge…
Ce mythe peut d'ailleurs avoir de graves conséquences puisqu'une alimentation saine et suffisante aide à prévenir les problèmes de santé associés au vieillissement.
Garder l'équilibre alimentaire
Des facteurs insidieux peuvent couper ou modifier l'appétit de certaines personnes. Les papilles gustatives n'ont plus la même efficacité pour le salé, par exemple, ce qui enlève à bien des aliments tout intérêt. La soif diminue avec la disparition progressive du sel dans le menu et une carence en eau entraînera des problèmes de reins.
Une prothèse dentaire mal fixée sera douloureuse si les aliments ingérés sont difficiles à mastiquer. Une croûte de pain, un steak, une pomme ou un épi de maïs n'ont plus le même attrait et peuvent même disparaître de l'alimentation. Tout le régime s'en trouve déséquilibré, mettant par conséquent la santé en péril.
Une personne de 80 ans vivant seule mangera comme une personne seule de 30 : elle ne prendra pas la peine de cuisiner et variera de moins en moins son menu. Pâtes alimentaires, œufs au plat, mets en conserve et problèmes en perspective. La vigueur de la jeunesse compense le déficit énergétique à 30 ans, mais à 80, c'est justement une bonne nutrition qui compense la perte de vigueur.
Remplir son assiette des bons éléments
À 55 ans, chaque individu doit consommer une quantité minimale d'aliments tous les jours pour suffire à ses besoins énergétiques. L'homme ingérera au moins 2000 calories par jour, soit un peu plus que la femme dont les besoins ont été évalués à 1800 calories. Bien sûr, ces proportions suivront la consommation d'énergie des individus : faire une promenade en montagne fera grimper le compteur!
Pour répondre à sa demande, les glucides seront les premiers convoqués par l'organisme. Plus de la moitié de notre énergie provient des glucides, sans lesquels le cerveau ne remplirait plus ses fonctions. Les glucides se retrouvent dans le sucre, ou plutôt « les » sucres puisque les biochimistes en distinguent deux types. Les sucres simples sont ceux qu'on vous conseillait de ne pas trop manger quand vous étiez petits et avec raison : sucre raffiné, tire d'érable, miel, bref, les sucreries.
Les sucres complexes sont brûlés moins rapidement par votre organisme. Les pommes de terre, le riz et les pâtes alimentaires en recèlent d'importantes quantités. Les sucres complexes devraient être privilégiés à neuf contre un. Votre foie conserve le glucose qu'ils contiennent beaucoup plus longtemps et vous permet de faire cette marche en montagne sans que vous ayez à manger continuellement pour avancer.
Votre consommation de protéines est la même que lorsque vous étiez dans la vingtaine. Comme quoi, il ne faut pas manger moins pour rester jeune! D'ailleurs, vous devrez en manger plus en vieillissant, car votre corps éprouvera des difficultés à les transformer en énergie. Vous en trouverez dans le lait, les viandes, les foies et les céréales.
Si votre corps ne peut se passer des glucides et des protéines, il arrivera à fonctionner sans les lipides, mais à court terme seulement. Les aliments gras sont riches en lipides et jouent un rôle de premier plan dans la constitution et la conservation des tissus nerveux. Les viandes, les huiles, les poissons et les céréales en contiennent.
Tout comme pour les protéines, votre consommation de vitamines doit être la même que dans la vingtaine et la trentaine. Si vous perdez l'appétit, si vos habitudes alimentaires ont évolué en fonction de la perte de vos dents, vous devez compenser le manque de vitamines.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la présence de minéraux est essentielle au bon fonctionnement de l'organisme : au magnésium, au phosphore et au calcium s'ajoutent le cuivre, le cobalt, le fer ,le zinc, l'iode et le sélénium. Leur quantité est minime, mais leur rôle n'est pas mineur dans le processus de digestion, entre autres. On les retrouve dans l'eau et la plupart des aliments.
Même si les fibres alimentaires ne sont pas essentielles à votre survie au quotidien, elles vous aident à passer une meilleure journée! Quiconque a déjà été constipé sait qu'un mal de ventre peut être très désagréable et compromettre… une marche à la montagne.
La progression des hémorroïdes est aussi ralentie par l'action des fibres dans l'organisme. De plus, combinées à l'action de la bile dans l'intestin, elles protègent contre le cancer du côlon. Les pruneaux et les céréales sont de bonnes fibres.